Le but du rassemblement

Publié le par Roger

LE BUT DU RASSEMBLEMENT DES CROYANTS par Frank Viola

recueilli par Michelle d'Astier de la Vigerie, jeudi 24 janvier 2008

http://www.michelledastier.org

transmis par Lorraine

... Frank Viola a écrit un excellent livre "RETHINKING THE WINESKIN", sur les pratiques de l'Eglise. Celles de l'Eglise primitive décrite dans le Nouveau Testament, et celles des églises qui ont suivi jusqu'à aujourd'hui.... Il est surprenant de voir combien certaines de nos traditions d'eglise sont totalement éloignées de la Parole de Dieu....

CHAPITRE 1 du livre.

Le célèbre enseignant Martyn Lloyd-Jones dit un jour:

-"Nous vivons dans un âge désespérément en-dessous du modèle du Nouveau Testament, en étant satisfaits de notre douillette petite religion."

Avec cette pensée à l'esprit, je voudrais commencer notre discussion sur les pratiques de l'Eglise du Nouveau Testament en examinant pourquoi les chrétiens de l'église primitive se réunissaient.

Notez que lorsque j'emploie le terme "réunion d'église" je l'utilise dans un sens restreint.

La Bible dresse le portrait de nombreuses et différentes sortes de réunions durant lesquelles les premiers chrétiens se rassemblaient (réunions de prière, évangélisations, enseignement, réunions apostoliques, conseils d'église, etc.).

Par "réunion ", je me réfère explicitement au rassemblement spécial de l'assemblée locale, décrit dans I Corinthiens 11-14. En accord avec les Écritures, et également avec la tradition, cette rencontre semble s'être déroulée le premier jour de la semaine (Actes 20:7).

Avant que nous explorions le but de la réunion d'église du Nouveau Testament, examinons premièrement pourquoi la plupart des chrétiens aujourd'hui se rassemblent « à l'église » . Il y a principalement quatre raisons:

1) l'adoration,

2) l'évangélisation,

3)entendre une prédication, ou

4) la communion fraternelle.

Aussi curieux que cela puisse paraître, le Nouveau Testament n'envisage jamais aucune de ces raisons comme but central des premiers rassemblements.

La place de l'adoration, de l'évangélisation, de la prédication et de la communion fraternelle

Selon le Nouveau Testament, l'adoration est quelque chose que nous vivons. C'est dorénavant la manifestation de notre reconnaissance, notre affection, notre dévouement, et le sacrifice d'obéissance dont Dieu est Digne a chaque instant de notre vie (Matthieu 2:11, Romains 12:1, Philippiens 3:3).

Par conséquent, lorsque nous nous rassemblons en tant que peuple de Dieu, nous devrions venir dans un état d'esprit d'adoration.

Le temple de l'Ancien Testament est la figure clé pour cet aspect de la réunion, car l'extraordinaire particularité du temple était l'adoration.

Cependant dans la pensée de beaucoup de chrétiens d'aujourd'hui, l'adoration est limitée à chanter des cantiques, des hymnes et des louanges. Et bien qu'adorer Dieu par des chants fut un aspect très important de la rencontre alors (Ephésiens 5:19, Colossiens 3:16), la Bible ne le présente pas comme thème principal.

De la même façon, la Bible n'assimile jamais l'annonce de l'Evangile au but de la réunion des croyants.

Au contraire, le Nouveau Testament démontre clairement cela se déroulait communément en dehors du rassemblement des croyants.

J'appelle de telles réunions, des « évangélisations » et d'ordinaire elles se tenaient dans des lieux fréquentés par des non-croyants, c'est-à-dire dans les synagogues et sur les places publiques (marchés).

Au contraire, les rencontres du Nouveau Testament étaient principalement destinées aux croyants. Le contexte de I Corinthiens 11-14 confirme cela de façon tout a fait évidente. Bien que des « non-régénérés » furent parfois présents, la réunion ne se focalisait pas sur eux. (dans I Corinthiens 14: 23-25, Paul mentionne furtivement la présence hypothétique de non-croyants à la réunion.)

En outre, l'idée répandue que la réunion hebdomadaire était motivée par l'intérêt d'entendre une prédication est sans fondement biblique.

Bien que le « ministère de la Parole » fut certainement présent dans les réunions primitives (I Corinthiens 14 parle de ceux qui enseignaient des doctrines, donnaient des révélations et des prophéties), entendre un « sermon » n'en était pas la caractéristique principale.

En considérant cela, les réunions de l'Église primi- tive étaient nette- ment différentes du typique servi- ce (culte) insti- tutionnel dont la chaire (estrade) focalise l'atten- tion,

où tout converge et est basé sur le sermon,

et où la con- grégation (les personnes pré- sentes) évalue la réunion à la qualité du mes- sage (apporté par le prédica- teur).

Une lecture attentive des textes bibliques nous conduira a là surprenante réalité que l'idée d'une réunion centrée sur le sermon, d'une église focalisée sur l'estrade (la chaire) n'est en aucun cas soutenue par le Nouveau Testament.

Bien qu'il soit vrai qu'en certaines occasions dans le livre des Actes nous trouvions les apôtres exerçant le ministère de la Parole longuement, de tels rassemblements n'étaient pas des « réunions d'église ».

C'était plutôt des rencontres « apostoliques » durant lesquelles les apôtres prêchaient à des auditeurs passifs lorsqu'ils étaient courtement de passage dans une ville ou qu'ils fondaient une nouvelle église.

Cela pourrait s'apparenter à un apôtre d'aujourd'hui, enseignant ou prophète, exerçant ses dons, et exceptionnellement durant un séminaire ou une conférence.

Ces réunions "de ministère' (où l'on vient recevoir l'enseignement, la prophétie...) ne doivent pas être confondues avec « réunions d'église ».

Dans un premier temps, un ministère apostolique charismatique est exercé envers un auditoire passif pour l'équiper au service ; afin que, par la suite, chaque membre exerce librement ses dons « reçus ».

Par conséquent, l'enseignement de la Parole était simplement un des thèmes de la réunion. Ce n'était pas le but central.

De plus, l'enseignement n'était pas donné par la même personne chaque semaine comme cela est la coutume dans la plupart des églises traditionnelles.

Enfin, la communion fraternelle n'était pas non plus la but principal des réunions primitives.

Bien que celle-ci fasse partie intégrante de la vie « du Corps », elle n'a jamais constitué la principale raison du rassemblement des croyants. La communion fraternelle, ainsi que les prières, la fraction du pain, et l'enseignement des apôtres, se développe simplement lorsque le peuple de Dieu dans la joie commence a rendre gloire au Seigneur Jésus et permet au Saint Esprit de diriger leurs rassemblements (Actes 2:42).

Finalement, bien que ces quatre activités soient nécessaires a la vie de l'église, aucune d'entre elles ne peut à juste titre être retenue comme le but ultime de la réunion « d'église ».

L'exhortation et l'édification mutuelle

Si le but de la réunion, comme décrite dans le Nouveau Testament, n'était ni l'adoration, ni l'évangélisation, ni la prédication,ni la communion fraternelle, quel était-il donc?

Selon les Ecritures, les croyants se rassemblaient en vue de l'édification mutuelle et de l'exhortation. I Corinthiens 14:26 :

« Que faire donc, frères? Lorsque vous vous assemblez, les uns ou les autres parmi vous ont-ils un cantique, une instruction, une révélation, une langue, une interprétation, que tout se fasse pour l’édification. »

Hébreux 10:24,25 de façon indiscutable::

« Veillons les uns sur les autres, pour nous exciter à la charité et aux bonnes oeuvres.

N’abandonnons pas notre assemblée, comme c’est la coutume de quelques-uns;

mais exhortons-nous réciproquement, et cela d’autant plus que vous voyez s’approcher le jour. »

( Voir aussi I Thes- saloniciens 5:11 et Hébreux 3:13-14)

La réunion visualisée dans les Écritures était destinée a conduire chaque membre de l'assemblée locale à participer à la construction de l'église en tant que Corps

(Ephésiens. 4:16).

Dans le Nouveau Testament, l'interdépendance était le sceau, la marque de reconnaissance de la rencontre --"chacun d'entre vous" en était la caractéristique la plus frappante.

Bien qu'il y eut des chants et des louanges d'interprétés, cela n'était pas confiné à une équipe spéciale dirigeante de musiciens professionnels chargée exclusivement de conduire l'assemblée dans la louange. La réunion était plutôt ouverte à conduire « chacune des personnes présentes » à « exercer un ministère » à travers le chant.

Les mots de Paul sont (I Corinthiens 14:26):

« les uns ou les autres parmi vous ont-ils un cantique » dans l'assemblée locale.

Même les chants en eux-même étaient marqués du sceau de l'interdépen- dance, en ce sens que Paul exhorte les frères et soeurs à « s'entretenir les uns les autres par des psaumes, par des hymnes, et par des cantiques spiri- tuels, chantant et célébrant de tout votre coeur les louanges du Sei- gneur

(Ephésiens. 5:19, Col. 3:16) ».

Dans un tel contexte d'ouverture, il est raisonnable de supposer que les premiers chrétiens composaient leurs propres cantiques et les partageaient avec le reste des saints durant la rencontre.

De plus, chaque croyant de l'assemblée qui recevait une parole de Dieu se voyait donner la liberté de l'apporter avec ses propres dons spirituels particuliers.

Donc, une rencontre « primitive » typique se serait déroulé ainsi :

- un enfant partage la Parole de Dieu à travers une pièce dramatique et un chant;

une jeune femme donne son témoignage;

- un jeune frère partage une exhortation suivie d'une discussion de groupe;

- un frère plus ancien explique une partie des Écritures suivi d'une prière ;

- une soeur raconte une histoire tirée de ses propres expériences spirituelles;

- plusieurs adolescents discutent de leur semaine de classe et exposent leurs requêtes de prière;

...et tous ensemble vivent un moment de communion fraternelle en partageant un repas à la même table.

Lorsque l'apôtre fait le tableau de la réunion du Nouveau Testament dans I Corinthiens 14, nous voyons une rencontre où chaque membre est activement impliqué.

Fraîcheur, ouverture, et spontanéité étaient les marques de fabrique de ces rassemblements, et l'édification mutuelle en était le but premier.

Les instructions bibliques concernant la réunion de l'église primitive sont définies solidement dans les Ecritures et reposent sur la direction de Christ (en tant que la Tête du Corps), qui est le point central du dessein éternel de Dieu (Ephesiens 1:9-22, Col. 1:16-18).

Cela revient à dire que Christ était entièrement prééminent dans le rassemblement des croyants du Nouveau Testament. Il en était le centre et la circonférence. Il tenait « l'agenda », Il dirigeait les évènements, et Il était « le boss » indiscuté. Bien que Sa direction soit invisible à l'oeil nu, Christ était clairement le Guide.

Dans ce contexte, le Seigneur Jésus était libre de parler à travers celui qu'Il choisissait et cela quelles que soient ses capacités.

En contraste, la pratique commune d'une infime partie de ministères professionnels assumant toutes les activités de l'assemblée, alors que le reste des saints demeurent passifs, était absolument étrangère aux premiers croyants.

Au lieu de cela, la réunion du Nouveau Testament est basée sur le principe de la « table-ronde », où chaque membre est encouragé à « fonctionner »,

plutôt que le principe de l'estrade (chaire), où les membres sont divisés entre une minorité d'actifs et une majorité de passifs.

Dans la réunion primitive, ni la prédication et encore moins le prédicateur ne constituaient le sujet central. Bien au contraire, la participation de toute l'assemblée était le modèle divin. La rencontre reflétait une spontanéité flexible et non-liturgique, où l'Esprit de Dieu dirigeait, étant libre de se mouvoir à travers quelque membre du Corps que ce soit comme Il le voulait et de manière ordonnée.

En fait, la réunion des premiers croyants était tellement gouvernée par le Saint-Esprit que si une personne recevait une pensée alors qu'une autre partageait la Parole, elle était libre de « glisser » celle-ci (sans demander la permission).

De façon frappante, la personne en train de parler s'arrêtait et prêtait attention à ce qui était dit alors (1 Corinthiens 14:29,30). En outre, les questions utiles et les discussions saines faisaient entièrement partie de la réunion (1 Corinthiens 14:27-40).

Aujourd'hui de tels rassemblements semblent impensables dans le contexte de la majorité de nos églises contemporaines. Car la plupart d'entre nous craint de faire confiance au Saint-Esprit pour conduire et modeler la réunion. Le fait que nous ne pouvions pas envisager un rassemblement sans nous placer directement sous la houlette d'un animateur humain révèle que nous sommes étrangers aux voies de Dieu. !!!!La raison la plus courante étant que nous ne sommes pas habitués à laisser le Saint-Esprit conduire notre propre vie personnelle.

Alors si nous ne connaissons pas le contrôle de l'Esprit sur nos propres affaires, comment pourrions-nous le laisser agir lorsque nous nous rassemblons tous ensembles?

La vérité est que beaucoup d'entre nous -comme l'Ancien Israël- voulons toujours un « roi » pour nous gouverner et un médiateur visible nous disant ce que Dieu a dit

(Exode. 20:19, 1 Samuel. 8:19).

Indubitablement,dans la réunion est une tradition chérie défendue « bec et ongle » par beaucoup de chrétiens.

Le problème est, que cela n'est pas conforme aux Ecritures.

Car nulle part dans le Nouveau Testament nous ne trouvons de justification à une réunion dominée, dirigée et entièrement officiée par une personne.

Nous ne trouvons pas non plus de rassemblement centrée sur la chaire (estrade) et focalisée sur un homme.

Une des plus remarquables caractéristiques de l'assemblée du Nouveau Testament était justement l'absence d'une « direction » humaine.

Christ conduisait la rencontre par l'intermédiaire du Saint-Esprit à travers les communauté de croyants.

On trouve de nouveau, le principe de l'interdépendance en ce qui concerne la « conduite » de la réunion.

Une des plus remarquables caractéristiques de l'assemblée du Nouveau Testament était justement l'absence d'une « direction » humaine.

Christ conduisait la rencontre par l'intermédiaire du Saint-Esprit à travers les communauté de croyants.

On trouve de nouveau, le principe de l'interdépendance en ce qui concerne la « conduite » de la réunion.

On ne se demande plus pourquoi la phrase « ''les uns les autres'' » est utilisée presque 60 fois dans le Nouveau Testament !

Par conséquent, la populaire

« ''conduite d'un seul homme'' »

d'aujourd'hui, qui rivalise avec l'autorité de Christ en tant que Tête du Corps,

était totalement inconnue des premières assemblées chrétiennes.

Au contraire, tous les frères et soeurs venus à la réunion sentaient qu'ils avaient le privilège et la responsabilité d'apporter quelque chose spirituellement.

De plus, les premières réunions se distinguaient par une totale liberté et informalité qui créaient l'atmosphère requise pour que Christ agisse librement à travers chacun des membres de Son Corps.

Par définition, se rassembler pour les premiers croyants signifiait plus « donner » que « recevoir ».

Vous n'étiez pas présents pour « recevoir » de la classe religieuse spéciale appelée « clergé », mais pour « servir » vos frères et soeurs à travers vos dons individuels afin que tout le Corps soit édifié (Romains. 12:1-8).

Dans la pensée de Dieu, c'est l'unité diversifiée des généreux dons de l'Esprit qui construit essentiellement l'assemblée locale.

Robert Banks décrit le fonctionnement de la réunion primitive en disant :

- Chaque membre de la communauté exerce un ministère envers les autres membres dans le groupe. Cela signifie qu'aucune personne, ou groupe de personnes, ne distribuer «en gros » ses dons à la place de la contribution des autres membres du Corps, les leur imposer de façon uniforme. La communauté contient une grande diversité de ministères, et c'est précisément dans la différence de fonction que la plénitude et l'unité du Corps résident. Dieu a ainsi conçu les choses afin que l'engagement de chaque personne avec sa contribution spéciale soit nécessaire au parfait fonctionnement du groupe. Cela signifie que chaque membre a un rôle unique a jouer, et est également dépendant de chacun des autres (Idée de la communauté selon Paul).

Il est important de souligner ce point :

le concept de minis- tère mutuel envi- sagé dans le Nouveau Testament est de loin différent à la définition pincée de :

« ministère laïc »,

promu par l'église moderne institution- nelle.

La plupart des églises officielles offrent une abondance excessive de postes volontaires pour les laïcs, comme de couper l'herbe du presbytère, placer les gens dans les allées de l'église, laver la voiture du pasteur, serrer les mains à l'entrée du bâtiment-église, distribuer les bulletins paroissiaux, enseigner dans les écoles « du dimanche », chanter dans la chorale ou le groupe de louange, et s'occuper du rétroprojecteur.

Ainsi, ces « postes » de service sont une pâle et lointaine imitation de l'exercice libre et ouvert des dons spirituels qui étaient offert à chaque croyant lors des premières réunions du Nouveau Testament.

La nécessité de servir

A la lumière de tout ce qui a été dit, considérez ces questions significatives:

- Pourquoi l'église se rassemblait-elle de cette manière?

- Était-ce juste une tradition culturelle révolue de cette époque?

- Cela représentait-il l'Église Primitive comme infantile, ignorante et immature?

Je pense que non. Car le modèle de réunion de l'église des premiers croyants est profondément enraciné dans la Parole de Dieu. Cela rend en effet réel et pratique la doctrine biblique du sacerdoce (service de sacrificateur rendu à Dieu) de tous les croyants—une doctrine sur les lèvres de la plupart des évangéliques.

Et quelle est cette doctrine ?

Dans les paroles de l'apôtre Pierre, c'est la notion que tous les croyants sont des sacrificateurs qui sont appelés à offrir des « sacrifices spirituels » au Seigneur et envers les frères et soeurs. D'après Paul, c'est le concept que tous les chrétiens sont des membres en service du Corps de Christ.

D'un point de vue pragmatique, la réunion « primitive » est la dynamique biblique qui produit la croissance spirituelle—à la fois de tout le Corps de Christ et individuellement de chacun (Ephésiens 4:11-16).

Car si nous ne « fonctionnons » pas, nous ne « grandissons » pas-- et c'est une « loi » spirituelle

(Marc 4:24,25).

En considérant cela, l'église institutionnelle actuelle n'est qu'une nurserie pour bébés spirituels en surnombre.

Parce que cela habitue le peuple de Dieu à être de passifs « bénéficiaires », cela a atrophié leur développement spirituel et les a maintenu dans l'infantilisme.

L'insatiable besoin de nourriture spirituelle prédigérée, donnée à la petite cuillère est une marque d'immaturité spirituelle (1 Corinthiens 3:1,2, Hébreux. 5:12-14).

Alors que la Réforme a rétabli la doctrine du sacerdoce de tous les croyants, elle n'a pas restauré l'indispensable pratique qui incarnait l'enseignement de celle-ci. Ainsi, alors que l'église revendiquait le terrain du sacerdoce exercé par chaque membre, elle a échoué à « occuper » ce terrain. Par conséquent, dans l'église typique évangélique, la doctrine du sacerdoce de tous les croyants n'est rien d'autre qu'une vérité stérile.

A cet égard, Joseph Higginbotham et Paul Patton commentent de façon évidente:

- Chaque année, lors du « Dimanche de la Réforme » (fête le dernier dimanche d'octobre en commémoration du jour Où Martin lutter posa ses 95 thèses le 31 octobre 1517) il est proclamé impérieusement que la Réforme remporta la bataille en faveur du sacerdoce de tous les croyants. Le « souhait » est certainement le « père de la pensée », mais nous parlons seulement de souhaits et non de faits. Les congrégations qui acceptent cette doctrine nient par leur politique, leur vie communautaire, et leur structure ecclésiale cette vérité qu'ils prétendent incarner. Nos paroles trahissent la célébration de la victoire du « Dimanche de la Réforme ». La bataille n'est pas gagnée, nous n'occupons toujours pas le terrain du sacerdoce de tous les croyants en actions ("La Bataille pour le Corps," Cherchons ensemble, Vol. 13:2).

En effet, l'église évangélique moderne continue de faire abstraction de l'application pratique et de la mise en oeuvre dans la vie du peuple de Dieu de la doctrine du sacerdoce universel.

Dieu a établi la participation ouverte dans les rencontres de croyants pour incarner la splendide réalité spirituelle du Christ Ressuscité dans toute sa plénitude, en leur donnant à tous le sacerdoce.

De cette façon, la réunion d'église du Nouveau Testament a été conçue par Dieu pour atteindre son objectif éternel, qui est de former le Corps de Christ avec l'ensemble des membres et de les amener à la pleine stature de son Fils tous ensemble (Galates 4:19, Ephésiens 4:11-16).

C'est pourquoi il n'est rien de plus propice à l'épanouissement de la vie spirituelle qu'une réunion « ouverte » comme dépeinte dans le Nouveau Testament.

A cet égard, le livre des Hébreux démontre amplement que le service mutuel du Corps est vital pour la croissance spirituelle de l'Eglise.

Tout bonnement, le ministère mutuel est l'antidote divin pour prévenir l'apostasie, le divin et indispensable moyen de persévérer dans la foi, et le divin moyen de cultiver une vie spirituelle personnelle.

Considérez Hébreux 3:12-14:

" Prenez garde, frères, que quelqu’un de vous n’ait un coeur mauvais et incrédule, au point de se détourner du Dieu vivant. Mais exhortez-vous les uns les autres chaque jour, aussi longtemps qu’on peut dire: Aujourd’hui ! afin qu’aucun de vous ne s’endurcisse par la séduction du péché. Car nous sommes devenus participants de Christ, pourvu que nous retenions fermement jusqu’à la fin l’assurance que nous avions au commencement "

Ici l'auteur enseigne que l'édification mutuelle est le remède contre le développement d'un coeur incrédule et une volonté endurcie par les mensonges du péché.

De plus, dans Hébreux 10:25-26, la bible présente encore une fois l'exhortation mutuelle comme le divinement-établi secours contre notre abandon du Seigneur.

« N’abandonnons pas notre assemblée, comme c’est la coutume de quelques-uns; mais EXHORTONS-NOUS LES UNS LES AUTRES, et cela d’autant plus que vous voyez s’approcher le jour. Car, si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés »

Tandis que nombre de clergés ont fait un usage commun du texte ci-dessus pour souligner l'importance de la fréquentation régulière d'une « église », ils ont tout bonnement ignoré le reste du passage qui nous expliquait le but premier et les activités de la réunion du Nouveau Testament,

respectivement :

l'EXHORTATION MUTU-ELLE

et le réconfort.

Franchement, c'est à notre propre péril que nous ignorons l'ensei- gnement complet de ce passage, car notre croissance spirituelle est étroitement dépendante des réunions de ministères mutuels.

Manifester Christ dans toute sa plénitude

Ce n'est pas sans importance que le mot grec pour « église », ekklesia, signifie littéralement « assemblée ».

Cela dessine bien la pensée dominante dans les écrits de Paul que l'Église représente le Corps de Christ (1 Corinthiens 12:1-27, Ephésiens 1:22,23 et 4:1-16).

Donc la fonction de l'assemblée locale est d'incarner le Sauveur Ressuscité; nous nous assemblons afin que le Seigneur puisse se manifester Lui-même dans toute sa plénitude à travers la construction de Son Corps.

La seule façon que cela devienne une réalité est que chaque membre de l'assemblée manifeste l'aspect de Christ qu'il ou elle aura reçu.

Si, par conséquent, « la main » ne fonctionne pas dans la réunion, alors Christ ne se manifeste pas dans son intégralité.

Car le Seigneur ne peut pas se révéler entièrement à travers un seul membre.

De même, si « les yeux » fonctionnent mal, la révélation de Christ sera limitée.

D'un autre côté, lorsque chaque membre du Corps fonctionne utilisant son (ses) don(s) particulier, Christ est totalement révélé—Lui-même comme si Il était présent au milieu de nous!

Faisons la comparaison avec un puzzle.

Lorsque chaque pièce du puzzle est bien placée par rapport aux autres pièces, nous disons que le puzzle est « assemblé ». Le résultat est que l'image est entièrement visible et compréhensible.

Il en est de même pour Christ et son Église.

Lorsque chaque membre de l'ekklesia apporte une partie de « la Tête (Christ) Ressuscitée » à travers l'exercice LIBRE, cependantORDONNÉ, de ses dons généreusement fournis par l'Esprit, le désir de Dieu de la révélation de son Fils béni dans nos coeurs est à nouveau et continuellement renouvelé.

A moins d'une mauvaise interprétation de ce point,

les réunions « participatives » n'excluent pas une certaine forme d'organisation.

Cela signifie pas non plus que nous devions nous débarrasser de toute apparence d'ordre ou de forme.

Dans I Corinthiens 14, l'apôtre Paul déploie un vaste nombre de directives destinées a maintenir le déroulement de la réunion de façon ordonnée. Ces directives démontrent que dans la pensée de Paul, il n'y a pas de d'opposition entre une réunion à libre participation et le respect de l'ordre en vue de l'édification de chaque membre.

Dans un aperçu érudit, Robert Banks résume la « texture » de la réunion du Nouveau Testament :

- La souveraineté de l'Esprit sur le résultats des dons de façon stable, une pensée non inflexible, une distribution à l'intérieur de la communauté « ordonnée », une pensée non figée, une interaction entre tous les membres durant le rassemblement... ainsi, sont fournis certains principes de base de l'action de l'Esprit ayant en vue: l'équilibre, l'intelligible, le valorisant, l'ordonné, et plein d'amour exercice des dons. Paul ne voit aucun besoin de se reposer sur de quelconques règles fixées pour le déroulement de la réunion... Par conséquent Paul n'a aucun intérêt instaurer une liturgie fixe. Cela restreindrait la liberté de communication de Dieu. Chaque rassemblement de la communauté aura « une structure »,mais celle-ci émergera naturellement, issue de la combinaison particulière des dons exercés (Idée de Paul de la communauté).

La question de « ''nourriture'' »

Ce qui a été dorénavant établi jusqu'ici concernant le but des réunions de l'église primitive, touchant une caractéristique vitale, sépare l'église du Nouveau Testament de l'église institutionnelle moderne.

Cela implique la grave question de ce qui conduit et nourrit l'Eglise.

Dans l'église institutionnelle, le fonctionnement religieux du programme de l'église est la force qui propulse et caractérise la direction de l'assemblée.

Par conséquent, si l'Esprit de Dieu quittait une église traditionnelle, Son absence passerait inaperçue.

Au lieu de cela, « la vie de l'église continue » comme si de rien n'était—l'adoration n'en est pas affectée, la liturgie demeure ininterrompue, les annonces sont passées, les offrandes sont récoltées, le sermon est prêché, et le chant de clôture interprété.

Comme Samson dans l'Ancien Testament, la congrégation continuerait sans sourciller avec son programme religieux :

« Je m’en tirerai comme les autres fois, et je me dégagerai. Il ne savait pas que l’Eternel s’était retiré de lui.(Juges 16:20). »

Au contraire, la seule source de « nourriture » de l'assemblée du Nouveau Testament était dispensée la vie de l'Esprit Saint.

L'église Primitive reposait entièrement sur la vie spirituelle individuelle de chaque membre pour se « maintenir en vie ».

Donc si la vie de l'église avait été « au creux de la vague », chaque membre l'aurait remarqué : la froideur glaciale de la mort ne pourrait pas passer inaperçue. Qui plus est, si l'Esprit de Dieu quitte l'assemblée, la réunion s'effondrerait totalement.

Enfin, l'Eglise du Nouveau Testament ne connaissait aucune autre influence (subsistance) que la vie de l'Esprit à travers la communauté des croyants. Elle ne faisait pas confiance à un système programmé par l'homme, planifié humainement, alimenté institutionnellement pour conserver son élan.

A cet égard, l'église institutionnelle a été parfaitement calquée sur le Tabernacle de Moïse, après que l'arche de Dieu ait été emportée (par les ennemis), lorsque la présence de Dieu a quitté la tente d'assignation, la réduisant à rien de plus qu'un coquillage vide à l'aspect extérieur impressionnant.

De plus, en dépit du fait que la gloire du Seigneur ait disparue, les croyants continuèrent d'offrir leurs sacrifices dans le tabernacle vide (I Chroniques 16:39-40, 2 Chr. 1:3-5, Jerémie 7:12).

Pour utiliser la forme de l'Ancien Testament, l'église institutionnelle a confondu l'autel avec le feu dévorant.

Se reposant et satisfaite de déposer des « morceaux de sacrifices » sur l'autel, l'église institutionnelle ne ressent plus le besoin de recevoir le « feu consommateur ».

La tragédie de l'église traditionnelle, par conséquent, est qu'elle se ment en ce qui concerne sa dépendance à un système humainement conçu, et programmé de façon religieuse qui sert à échafauder la structure de l'église, lorsque l'Esprit de Dieu est absent.

Ce système révèle que lorsque la spontanéité de la vie du Saint Esprit s'est retirée d'un groupe de croyants, ce groupe cesse d'être l'Eglise au sens biblique du terme, même si il l'apparence extérieure est préservée.

John W. Kennedy le résume très bien :

- L'homme essaye toujours de conserver ce que Dieu rejette, comme le démontre parfaitement l'histoire de l'Eglise. Le résultat est visible dans la majeure partie des dénominations actuelles. Beaucoup d'entre elles sont des monuments sans vie à la gloire de ce qui a depuis longtemps disparu... Est-il possible que le peuple de Dieu, en érigeant « des chandeliers » de briques et de mortiers qui ont du être entretenus bien longtemps après que l'Esprit se soit retiré, ait contrecarré le Plan de Dieu ? (Le Secret de Son Plan)

Pensées finales

Je termine ce chapitre par plusieurs questions à méditer:

Est-il possible que l'évangélisme moderne ait seulement affirmé la doctrine du sacerdoce universel de façon intellectuelle, mais ait failli à l'appliquer dans la pratique à cause du subtile piège des traditions profondément établies?

Est-ce que nos services modernes, qui sont largement construits autour du sermon d'un homme et de la louange programmée par une équipe établie, reflètent le rassemblement « normal » que nous trouvons dans nos bibles, ou bien sont-ils en désaccord avec ce qui nous y est prescrit?

Finalement, pourquoi la participation libre dans la réunion serait-elle bonne pour les premiers chrétiens, mais en quelque sorte serait inexploitable ou dangereuse pour nous aujourd'hui ?

Puisse Dieu nous aider à répondre à ces questions avec sincérité et à la lumière des Ecritures.

fin du chapitre I: Rethinking the Wineskin de Frank Viola

jeudi 24 janvier 2008 à 02:36 :: Articles majeurs d'autres auteurs :: #962 :: rss

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