Eglise de Jésus-Christ: quo vadis?
| Doctrine Eglise de Jésus-Christ: quo vadis? Michel BOHRER IntroductionToute église locale doit savoir pourquoi elle existe. Quelle est notre raison d'être? Notre but? Pourquoi le Seigneur nous a-t-il placés là où nous sommes? Nous avons donc besoin de définir clairement les objectifs du ministère car l'absence d'objectifs précis conduit l'église à aller de crise en crise; à souscrire aux courants évangéliques populaires du jour; à faire dans l'église comme on a toujours fait. Qu'est-ce qui caractérise l'orientation d'un ministère dynamique? Elle est explicite (par écrit); elle est partagée par les anciens et par l'église; elle donne stabilité à l'église. Définition de l'orientation du ministèreLe but essentiel de l'homme et de l'église est de glorifier Dieu dans toute sa vie (1 Cor 10.31; Eph 1; Rom 11.36). Jésus a dit que le plus grand commandement est d'aimer le Seigneur et d'aimer son prochain (Mat 22.34-40; Jean 13.34-45; 15.12,17). 1. Nous devons aimer Dieu de tout notre être. Aimer Dieu, c'est lui obéir (1 Jean 5.3; Jean 14.15,21); cet acte sera reflété par une attitude d'adoration (Eph 5.18; Col 3.16). 2. Nous devons aimer notre prochain comme nous-mêmes. Il n'y a que deux sortes de prochains: ceux qui sont en Christ (sauvés), et ceux qui sont sans Christ (perdus). a. Nous aimons notre prochain converti en répondant à ses besoins, en accord avec la parole de Dieu. Son plus grand besoin est de grandir pleinement en Jésus-Christ. Nous aimerons donc notre prochain converti en cultivant une relation personnelle avec lui et en l'aidant à grandir pleinement en Christ (Rom 14.19; Eph. 4. 12; 1 Thes 5.11). b. Nous aimons notre prochain non converti en répondant à ses besoins, en accord avec la parole de Dieu. Son plus grand besoin est d'avoir une relation personnelle avec Jésus-Christ. Nous aimerons donc notre prochain non converti en cultivant une relation personnelle avec lui, et en le présentant à Jésus-Christ (Mat 28.18-20; 1 Cor 10.32-33). Tout ce qui contribue aux trois résultats: adoration, édification, évangélisation doit être encouragé; tout ce qui n'y contribue pas doit être abandonné. I. Adoration A) Définition L'adoration est la réponse de l'homme à la révélation de Dieu, qui le conduit à donner toute sa vie à celui qui est tout. John Mac Arthur Jr a écrit: "Tout ce que nous sommes répond à tout ce que Dieu est". B) Priorité -Appel à l'adoration: Ps 95.6-7. Note : Combien souvent l'adoration véritable manque dans nos églises, car l'homme s'est placé au centre. On regarde surtout le succès de tel ministère, la croissance de l'église, les "belles" prédications et les prières pour l'homme et ses besoins. Bien que les problèmes de l'homme doivent être traités, la priorité ne doit-elle pas aller à Dieu? (1 Cor 10.31; Phil1.21; Col 3.17,23). A.W. Tozer a écrit que l'adoration est le diamant manquant dans l'église. L'adoration doit être au centre de la vie de l'église: Eph 1.4-6; 1 Pi 2.5. C) La direction de l'adoration L'adoration est dirigée vers Dieu (Apoc 4.11;5.12), par Christ (Héb 10.20), et accomplie dans la puissance du Saint-Esprit (Phil 3.3). Le but de l'adoration n'est pas l'expérience subjective de la personne, mais l'attribution à Dieu de sa gloire. D) Un passage-clé Mais l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l'adorent, l'adorent en esprit et en vérité (Jean 4.23-24).L'objet de notre adoration est le Père. L'heure vient, période de transition. La venue de Christ a marqué la fin du système cérémonial externe (Héb 10.19-20). Maintenant, Dieu est en nous, et notre corps est le temple du Saint-Esprit (1 Cor 6.19). Ainsi, nous adorons Dieu: -en esprit (Rom 1.9) dans notre être intérieur. E) Obstacle et solution -Obstacle: l'ego, le moi qui veut s'attribuer l'honneur.-Solution: confesser tout péché (1 Jean 1.9; Apoc 16. 8-9). -Me soumettre entièrement à Dieu par son Esprit (Eph 5.18-21 en montre les résultats: cp Gal 5.24). F) Deux niveaux Une relation personnelle et intime avec le Seigneur est la base de l'adoration. -Sur le plan personnel. Marc 3.14: Il en établit douze, afin qu'ils soient avec lui et afin qu'il les envoie prêcher. Jean 15.1-11; 1 Jean 5.20. Principe: Une église qui grandit est une église où la louange s'exprime dans toutes les réunions. Questions: Qu'est-ce que le Seigneur nous appelle à abandonner, à entreprendre, à modifier sur le plan personnel et sur le plan communautaire? II. Edification A) Le but de l'édification L'appel à l'édification personnelle a toujours en vue la croissance de tout le corps: Eph 4.15; 1 Pi 2.5.La Bible met l'accent sur l'édification: mutuelle, Rom 14.19; 15.2; 1 Thes 5.11; de l'église, 1 Cor 14; Eph 4.12. La recherche égoïste de l'auto-édification, dissociée du corps de Christ (donc de l'église locale), n'est pas biblique. B) Les moyens de l'édification Il appartient au pasteur et aux anciens de pourvoir à l'édification de l'église.Les Ecritures, la théologie et la pratique forment un tout. L'un ne va pas sans l'autre. La Parole, comprise exégétiquement et systématiquement, doit pénétrer tout ministère pratique. C'est pourquoi, il est dangereux de vouloir accomplir un travail pratique sans une base théologique saine (cf la priorité des apôtres, Act 6.4). 1 - Le ministère de la Parole Au temps des apôtres, les premiers chrétiens n'avaient pas encore le Nouveau Testament. Pour leur croissance, ils dépendaient, outre l'Ancien Testament, du ministère oral des apôtres, agents de la révélation de Dieu (Jude 17; Rom 16.25; Eph 3.5). Nous avons maintenant une Bible complète et Dieu désire que tous les chrétiens reçoivent un enseignement systématique, couvrant l'ensemble de la Parole de Dieu (cf Mat 4.4; 28.20; Act 20.20, 27). Remarquez la centralité de la Parole (Act 2.42). -La Parole engendre la foi, Rom 10.17. Note : La Bible a une autorité absolue. Mat 5.18 ; Apoc 22.18-19. Martin Luther a déclaré: "Sa parole doit agir, et non pas nous... Prêchons, le reste appartient à Dieu... Dieu fait plus par sa Parole seule que vous et moi et le monde entier par notre force unie. Dieu se saisit du cœur, et quand le cœur est ainsi, tout est gagné" (J.H. Merle D'Aubigné, The Life and Times of Martin Luther, p. 515). C'est pourquoi Paul exhorte Timothée: 1 Tim 4.13,16. "Pour croître harmonieusement, le chrétien a besoin de connaître tous les aspects de la révélation divine: l'amour du Père, l'œuvre du Fils, l'action du Saint-Esprit, le ministère des anges, les ruses du diable, le rôle de l'Eglise, les dimensions du salut, le principe de la sanctification, le contenu de notre espérance..." (A. Kuen, Pourquoi l'Eglise? p. 33). Ainsi, l'Eglise a le devoir de transmettre: -Un enseignement complet: annoncer tout le conseil de Dieu (Act 20.27; Mat 28.20). Une simple communication de la vérité n'est pas suffisante; l'enseignement doit changer les vies. La méthode de Christ était de faire des disciples: il ne s'agit pas d'un système, mais d'être avec la personne. Il en établit douze afin qu'ils soient avec lui, et afin qu 'il les envoie prêcher (Marc 3.14). La clé: avec lui. Un enseignement complet est un enseignement qui est démontré dans la vie de l'enfant de Dieu (Phil 4.9; 1 Tim 2.5-12). Le disciple n'est pas plus que le maître; mais tout disciple accompli (litt. équipé) sera comme son maître (Luc 6.40). L'enseignement ne se limite pas à la façon de penser, mais affecte toute la vie. Note : Pratiquement, au lieu de perpétuer une étude biblique traditionnelle, il est de loin préférable d'enseigner un cours sur un sujet précis et pour une durée limitée. Les participants peuvent recevoir des notes au préalable, et se préparer activement avant chaque rencontre. Principe: Une église qui grandit a une confession de foi précise: on sait ce que l'on croit. Question: Qu'est-ce que le Seigneur nous appelle à abandonner, à entreprendre, à modifier dans notre vie, sur le plan personnel et sur le plan communautaire? 2 - La communion fraternelle a -DEFINITION Le Nouveau Testament emploie le terme koinonia: communion, partage, participation. La communion est une mise en commun (koinos, commun). Elle représente une relation exprimant l'unité des croyants avec Christ et les uns avec les autres. b -EXEMPLES NÉO-TESTAMENTAIRES Le terme koinonia est employé dans les versets suivants, 1 Cor 10.16: La communion au sang de Christ; Phim 6: Que ta participation à la foi soit efficace pour la cause de Christ; Rom 15.26: la Macédoine et l'Achaie ont bien voulu s'imposer une contribution en faveur des pauvres parmi les saints à Jérusalem. c -LA SPHÈRE DE NOTRE COMMUNION -avec la Trinité: 1 Jean 1.3. Notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ (1 Cor 1.19). 2 Cor 13.13: Que la grâce du Seigneur Jésus, l'amour de Dieu et la communication du Saint-Esprit soient avec vous tous.-les uns avec les autres. 1 Jean 1.3: Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l'annonçons à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ. d -LA QUALITÉ DE NOTRE COMMUNION Dans l'église de Jérusalem, la communion fraternelle venait immédiatement après l'enseignement biblique (Act 2.42). Les expressions l'un l'autre, les uns les autres, apparaissent près de 100 fois dans le Nouveau Testament, et soulignent la nécessité d'une édification et d'un encouragement mutuels (Rom 15.5-7; 1 Thes 5.11). Le Seigneur nous appelle à vivre la réalité du corps. Dans 1 Cor 12.12, l'apôtre Paul nous enseigne une vérité importante: -Car comme le corps est un…une unité absolue Pratiquement, tout ministère doit nous rapprocher de Dieu et les uns des autres dans le Seigneur. Nous avons la responsabilité de maintenir une atmosphère d'amour et d'unité (Jean 13.34-35). -Sans cette atmosphère, les croyants sont distraits du but même de la vie chrétienne (cf p.15), et les incroyants sont repoussés. Le fait que différents petits groupes se forment en marge de l'église pour pourvoir au besoin d'une communion chaleureuse est l'indication que l' église ne répond pas de façon adéquate à un tel besoin. "L'expérience prouve que la plupart des personnes de l'extérieur intégrées à une église ont d'abord été frappées et attirées par le climat affectif et social du groupe. Leur pensée n'a été sollicitée qu'en second lieu. Ainsi s'explique la croissance rapide de beaucoup de mouvements dont la doctrine n'est peut-être guère biblique, mais dont la vie communautaire reflète cet amour dont l'homme moderne a soif" (A. Kuen: Pourquoi l'Eglise, p. 46). Trop souvent, les rencontres de l'église se sont figées dans le formalisme. Combien de nos frères et sœurs sont venus à l'église chargés, et sont repartis sans avoir pu "se découvrir". Où est la famille de Dieu dans laquelle chacun est accueilli, intégré et entouré dans l'amour et la communion mutuelle? Comme le déplore Michael Griffiths: "Aller à l'église, c'est assister à une cérémonie publique solennelle et non, comme ce devrait l'être, à une rencontre familiale" (Michael Griffiths: Belle, mais délaissée, p. 71). Citant R.C. Stedman, dans Body Life, Griffiths écrit: "Les réunions sont devenues des rituels mornes et pesants: beaucoup de chrétiens viennent assister à une séance au déroulement tout à fait prévisible, dans une atmosphère de gravité si respectueuse qu'elle ne permet aucune communication, aucun échange de pensées, aucune discussion sur la vérité, et aucune possibilité de manifester son amour chrétien, si ce n'est très superficiellement. Ce qui manque terriblement, c'est l'expérience d'une vie organique: la chaleureuse communion entre chrétiens, que le NT appelle koinonia... Il semble qu'il existait dans l'église primitive une sorte de rythme de vie selon lequel les chrétiens se rassemblaient régulièrement dans leurs maisons pour s'instruire mutuellement, pour étudier, prier ensemble et partager le ministère des dons spirituels. Ensuite, ils retournaient dans le monde où la chaleur et le rayonnement de leurs vies remplies d'amour se répandaient en un témoignage chrétien spontané, qui attirait les païens assoiffés d'amour, comme un marchand de bonbons attire les petits enfants... |