La papauté détien t-elle les clefs de l'Apôtre Pierre ?
La papauté détien t-elle les clefs de l'Apôtre Pierre ?
Le Catholicisme
article de Richard Bennett
Si le Pape jouit de la "primauté de Pierre", c'est qu'un faux document, intitulé "Les Décrétales de Constantin et d'Isidore" a influencé le cours de l'histoire (Voir note 1). La papauté n'en constitue pas moins le fondement et le rempart de l'Eglise romaine. Elle fait la fierté des Catholiques pieux: elle est, leur assure-t-on, un trait d'union direct entre eux-mêmes et Jésus-Christ. Le monde actuel semble redoubler d'affection pour la papauté. Au mépris de la Bible, de l'histoire, et de la raison, la papauté déclare que son Eglise est fondée sur le seul Apôtre Pierre; que ce dernier fut le premier évêque de Rome, et qu'il transmit toute son autorité aux papes et aux évêques qui lui succédèrent.
Voilà l'axe central du catholicisme romain. D'après le Catéchisme officiel de l'Eglise catholique,
"Le Seigneur a fait du seul Simon, auquel il donna le nom de Pierre, la pierre de son Eglise... Cette charge pastorale de Pierre et des autres apôtres appartient aux fondements de l'Eglise. Elle est continuée par les évêques sous la primauté du Pape" (Catéchisme, § 881. Voir note 2).
Cette déclaration, et en fait toute la structure catholique romaine, repose sur les trois présupposés suivants :
1. D'après Matthieu 16:16-20, Pierre serait le fondement de l'Eglise. L'Eglise serait bâtie sur lui.
2. Pierre serait allé à Rome et aurait été le premier évêque de Rome.
3. Les évêques de Rome seraient les successeurs de Pierre.
A ce propos il convient de signaler que la liste des papes établie par Rome n'est qu'une fable. Au commencement, l'humble église de Rome était dirigée par plusieurs anciens, et non par un évêque unique. Par la suite, ceux qui se voulaient les successeurs de Pierre se livrèrent à bien des intrigues - nous aborderons ce point dans la conclusion de cet article. Pour l'instant, nous n'allons pas nous attacher à retracer toute l'histoire de la papauté, mais à analyser ces trois présupposés, ces prémisses que l'Eglise romaine tient pour des évidences.
Premier présupposé: Le Seigneur a fait de Simon, qu'Il a appelé Pierre, le roc de Son Eglise, c'est-à-dire le fondement de Son Eglise.
"Simon Pierre répondit: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus reprit la parole et lui dit: Tu es heureux, Simon, fils de Jonas; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux. Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux; ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. Alors il recommanda sévèrement aux disciples de ne dire à personne qu'il était le Christ" (Matthieu 16:16-20).
Des opinions diverses avaient cours quant à l'identité du Christ, mais ce passage montre que les disciples étaient au clair sur cette question. Pierre s'est fait leur porte-parole sans hésitation aucune. Le Seigneur dit bien que cette connaissance intuitive de son identité en tant que "Christ" (Le Messie, L'Oint) et "Fils du Dieu vivant" (éternel comme le Père, et donc d'essence divine) est une révélation accordée par Son Père céleste. Jésus déclare que cette révélation constitue le roc, la pierre angulaire sur laquelle Il bâtira Son Eglise.
Incontestablement, c'est bien là ce que le Seigneur a dit. D'ailleurs, Il revient sur cette même idée dans Sa conclusion, en recommandant sévèrement à Ses disciples " de ne dire à personne qu'il était le Christ." Dire que ce roc est la personne de Pierre, c'est pervertir sciemment le sens des paroles limpides du Seigneur Lui-même. Affirmer que l'Eglise est bâtie sur un simple homme, et non sur la révélation divine selon laquelleJésus est "le Christ, le Fils du Dieu vivant", c'est insulter la doctrine de Christ et corrompre la Parole de Dieu.
Le Saint-Esprit confirme le sens véritable de ce verset dans la formulation grecque originale. "Pierre", en grec, se dit petros. Le Seigneur dit: 'Tu es Petros, et sur cette petra je bâtirai mon église." Le nom commun masculin petros désigne un morceau de roc, plus grand qu'un simple caillou. En revanche, en grec, petra veut dire "gros rocher". Ce nom commun de genre féminin évoque une immense base de roc inébranlable. L'Eglise repose donc sur un immense fondement de roc, et non sur un morceau de granit. Ce grand roc représente la révélation accordée par Dieu le Père céleste. La mission particulière confiée à Pierre au verset 19 est en accord avec cette révélation. "Je te donnerai - le Seigneur s'adresse à Pierre personnellement - les clefs du Royaume des cieux." Cette déclaration prophétique du Seigneur s'est accomplie à la lettre quand Pierre est devenu Son instrument pour faire part de cette révélation aux Juifs (Actes 2:36), puis aux non Juifs (Actes 10:34-44). Le pouvoir des clefs se rapporte à cette même révélation de la Personne du Christ. On en voit la mise en œuvre lors de la première proclamation de l'Evangile aux Juifs, puis aux non Juifs. Cette proclamation initiale ne fut confiée qu'à Pierre. Sa mission prophétique ne pouvait se transmettre à un successeur, car l'acte initial d'ouverture du Royaume, aux Juifs puis aux non Juifs, est par définition un événement unique.
Dans la deuxième partie du verset 19, il est question de "lier" et de "délier". Cette mission-là concerne la discipline dans l'Eglise, et elle s'applique aussi aux autres Apôtres, comme on le voit dans Matthieu 18:18. Les versets de Matthieu 16:16-20 sont centrés sur la divinité de Jésus, "le Fils du Dieu vivant", sur Son rôle de Christ, c'est-à-dire de Messie. Ces réalités-là constituent le roc sur lequel Son Eglise est bâtie.
L'argument des apologètes catholiques est qu'à l'origine, l'Evangile de Matthieu fut rédigé en araméen. D'après eux, dans cet original, le mot employé dans Matthieu 16-18, Ke'pha, s'appliquerait aussi bien à Simon Bar Jona qu'au roc sur lequel le Christ a promis de bâtir Son Eglise. Mais cet argument ne tient pas, car c'est en grec que le texte inspiré du Nouveau Testament fut rédigé. Ce prétendu "original araméen" n'existe pas. On a fait des traductions en Syriaque et en Araméen à partir du grec, mais ces traductions ne sauraient être assimilées à une "version originale". Les textes araméens ne sont pas inspirés: ce sont de simples traductions de l'original grec (Voir note 3).
Mais même sans aller chercher un original araméen imaginaire, l'Eglise romaine tire profit de la ressemblance entre le nom de Pierre, et le nom commun "pierre". Elle opère une fusion entre les deux termes et donne au passage le sens suivant: "Tu es Pierre, et sur toi, Pierre, je bâtirai mon Eglise." Il reste que le Seigneur a dit, en réalité: "sur ce rocher", et non "sur toi, Pierre". "Ce rocher" désigne la vérité qui venait d'être énoncée: "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant". Il s'agit d'une vérité si fondamentale, si essentielle pour l'Eglise, qu'on peut à juste titre l'appeler "un rocher".
Les revendications aberrantes d'un pontife qui se veut le substitut de Christ
En tant que Christ, Jésus possède en plénitude le pouvoir universel suprême. Cette prérogative n'appartient qu'à Lui: de la part d'un autre, toute prétention de détenir un pouvoir semblable est odieuse et vile. Pourtant, l'Eglise romaine ne rougit pas de revendiquer pour son Pape ce pouvoir-là. Elle enseigne officiellement ce qui suit : "En effet le pontife romain a sur l'Eglise, en vertu de sa charge de Vicaire du Christ et de Pasteur de toute l'Eglise, un pouvoir plénier, suprême et universel qu'il peut toujours librement exercer" (Catéchisme, § 882).
Seul le Christ Jésus, le Fils de Dieu en personne, peut déclarer que toute créature humaine doit lui être entièrement soumise en matière de foi et de conduite. L'Eglise de Rome attribue à son Pontife un ministère qui par définition n'appartient qu'à Christ. Le pouvoir "plénier, suprême, et universel" appartient de droit et exclusivement au "Fils du Dieu vivant".
La joie du Père est de faire demeurer toute plénitude en Jésus-Christ seul, "la plénitude de celui qui remplit tout en tous" (Ephésiens 1:23). Lui seul dispense en abondance à tout Son peuple "grâce sur grâce" (Jean 1:16). Mais dans sa volonté de puissance, l'Eglise romaine ne se satisfait pas de chercher à usurper le pouvoir suprême et universel dans l'Eglise. Elle prétend en outre avoir été dotée de toute la plénitude de la grâce et de la vérité. Le Document "Dominus Iesus", parle de "la plénitude de la grâce et de la vérité qui a été confiée à l'Eglise catholique" (Voir note 4). L'Eglise romaine s'érige donc elle-même en substitut de Christ. C'est pourquoi elle affirme: "Il n'y a aucune faute, si grave soit-elle, que l'Eglise catholique ne puisse remettre" (Catéchisme, § 982). Une telle prétention est parfaitement scandaleuse, mais le Pontife va plus loin encore et déclare: "Seul le Pontife Romain a le droit de juger les personnes qui exercent la magistrature suprême de l'Etat" (Canon 1405. Voir note 5). Ainsi le Pontife Romain revendique la suprématie, ne rend de comptes à personne, et se veut seul juge du bien et du mal.
Ces revendications s'élèvent aussi contre le Saint-Esprit, qui est le vrai Vicaire de Christ
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