Partie 2 : Élie
"...devant qui je me tiens..."
C'est là une relation exclusive. Si nous allons nous tenir devant ce Dieu, alors nous ne pouvons nous tenir devant aucun autre dieu. Cela signifie que nous ne recherchons pas l'approbation des hommes, ni ne cherchons à nous élever au sein du système religieux et à devenir des figures que les gens acclament. Nous devons nous tenir uniquement et exclusivement devant Lui, dans une dépendance complète, pouvant rendre compte de tous nos actes, sans tant regarder du coin de l'œil pour savoir comment un autre homme ou une autre autorité ou un groupe religieux ou un segment prestigieux de la chrétienté nous remarquera. C'est une indifférence totale et absolue vis-à-vis de ce que les hommes peuvent penser ou dire. Je ne dis pas cela dans le but d'encourager une quelconque forme d'attitude méprisante et frivole du type : "Eh bien, je me moque de ce que les autres disent." Je veux plutôt parler d'un refus de recherche de reconnaissance de la part des hommes. Nous ne pouvons pas avoir les deux. Se tenir devant Dieu est une chose absolue. Jusqu'à quel point sommes-nous disposés à aller avec Dieu? Nous ne pourrons pas nous tenir devant le trône du jugement de Dieu avec la moindre confiance - nous y serons avec une terreur incroyable - à moins d'être capables de dire dans cette vie-ci : "L'ETERNEL, le Dieu d'Israël, devant qui je me tiens, est vivant..." et de le dire en toute vérité. Quels que soient les sacrifices à faire pour être en mesure de faire cette déclaration dans cette vie ici-bas, cela en vaut la peine, ne serait-ce que pour éviter la terreur de nous tenir devant le trône du Seigneur lorsqu'Il déterminera notre destinée éternelle. Nous avons besoin de savoir que nous nous tiendrons debout et de le savoir dans cette vie-ci.
Cette seule déclaration sortant de la bouche d'un homme donne une telle conscience d'un historique avec Dieu, de ce que cela exige que de faire cette déclaration et de l'élever comme une vérité, que même un Achab tremblera en l'entendant. Ce n'est pas une affirmation stéréotypée sortant de la bouche d'Elie. Elle résonne avec puissance et autorité parce que c'est la parole de la vérité. C'est la déclaration de la logique de sa vie entière en Dieu. C'est avec un profond respect que nous devons accueillir la déclaration d'Elie, et Dieu est si discret qu'Il place une ombre de sorte qu'il ne nous est pas permis d'accourir précipitamment pour examiner attentivement, avec notre vulgaire curiosité, dans le but de découvrir comment la déclaration a été produite. Croyez-moi, elle fut produite dans les souffrances, les angoisses, les cris stridents et les pleurs dans la nuit et les "où est Dieu?", et avec la sombre nuit dans l'âme, auxquels un homme peut être historiquement acculé à un moment déterminé du temps, afin de se tenir devant les plus horribles ennemis de Dieu et produire ces déclarations, et non seulement de les produire, mais aussi d'invoquer un jugement sur la nation par sa propre parole.
Elie était uniquement et exclusivement et totalement à Dieu. Il était au-dessus de la culture, de la tradition, des valeurs, de l'histoire et du temps. Il était dans cette sphère avec Dieu et dans la sphère dans laquelle nous-mêmes sommes appelés et dans laquelle Abraham avait été appelé :
"L'Eternel dit à Abram : Va-t-en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai." (Genèse 12:1)
Ce n'était pas seulement un aspect accidentel de l'appel, mais en constituait le cœur. Ces choses sont les endroits où nous nous compromettons, non parce qu'elles sont nécessairement mauvaises, mais parce qu'il y a quelque chose de la chair et de la maison du père et de ceux avec qui nous nous entendons bien, notre famille et notre patrie, qui nous empêche d'entrer dans l'obéissance d'Elie. Combien d'entre nous serions impitoyables à l'égard de ces choses, au point de vouloir effectivement accepter, bien que nous ayons des pères et des mères, des nations et une famille, en ce qui concerne l'appel, une totale et radicale rupture? Nous ne bougeons que quand Il parle. C'est là l'appel que nous avons, et l'ironie est que, aussi précieux que soient nos ancêtres et leur influence, une sorte de lien de type psychique nous relie à eux. Ce lien a besoin d'être coupé pour que nous soyons libérés pour le ministère d'Elie. C'est une chose d'ignorer un père et un arrière-plan terribles et un passé mauvais, mais qu'en est-il s'ils sont bons? Il y a à cet endroit précis un plus grand danger de compromission spirituelle que dans le rejet de ce qui n'a pas d'influence.